Conformément aux lignes directrices du Guide national d'identification des points critiques de pollution par les plastiques élaboré par l'UICN et le PNUE, deux nouveaux rapports, l'un pour Chypre et l'autre pour Minorque, analysent l'origine des plastiques qui atteignent la mer, sur la base des informations disponibles pour 2018. La contribution annuelle au déversement de plastiques dans le milieu marin est estimée à 78 tonnes pour Minorque (0,9 kg par habitant) et 760 tonnes à Chypre (0,8 kg par habitant), dans les deux cas proche de la moyenne méditerranéenne de 1 kg par habitant / an. Et ceci malgré le fait que leurs populations sont relativement petites et disposent de systèmes efficaces de gestion des déchets. Les rapports finaux publiés par l’UICN-Med dans le cadre du projet « Plastic Waste-Free Islands Med (PWFI Med) » comprennent des recommandations de gestion adressées aux décideurs politiques.
Les îles subissent une pression plus forte que les autres économies méditerranéennes
La combinaison de deux facteurs opposés expliquerait ces résultats : d'une part, la forte génération de déchets et, d'autre part, la gestion efficace des déchets (dans les installations d'incinération ou les décharges). Chypre exporte 11% de ses plastiques, dont la moitié est envoyée en Grèce et 44% dans d'autres pays asiatiques. Minorque exporte 14%. Bien que sa destination finale n'ait pas été déterminée, on sait que la Malaisie, le Vietnam, la Chine et la Thaïlande restent les quatre principaux partenaires de l'Espagne dans le commerce des déchets. Il convient de noter que compte tenu de leur taille, les deux îles ne disposent pas de leurs propres installations de recyclage des plastiques.
Emballage, tourisme et pêche: les secteurs qui contribuent le plus
De même, les rapports établissent les principaux «points chauds» des déversements de plastique pour les deux îles. Ils numérotent les types de polymères, les applications, les secteurs industriels, les régions et les étapes de gestion les plus pertinentes.
À Chypre, les sacs, couvercles et bouchons en plastique ont été identifiés comme les applications les plus pertinentes. En ce qui concerne les polymères, le rapport indique que le caoutchouc synthétique et le PET et le LPDE sont les principaux polluants. En raison de la forte densité de population, Paphos et Larnaka sont les zones les plus critiques. À Minorque, la plus forte concentration de déchets plastiques est générée sur les plages, en plus de l'usure des pneus.
Dans les deux cas, l'emballage, le tourisme et la pêche se distinguent comme les secteurs ayant le plus contribué au rejet de plastiques dans la mer. Le tourisme est connu pour être responsable de 23% des déchets générés à Minorque et de 11% à Chypre. En particulier à Chypre, les filets de pêche sont considérés comme l'un des contributeurs les plus préoccupants.
Recommandations aux décideurs
Les recommandations contenues dans ces rapports suggèrent d'augmenter le nombre de conteneurs dans les zones les plus sujettes aux déversements, en plus de mettre en place des systèmes de collecte qui favorisent la réutilisation du plastique, la diminution de la demande et l'utilisation de plastiques à usage unique, ainsi que réduire la brûlure des pneus.
Ces rapports font partie du projet Plastic Waste-Free Island qui fait partie du programme de l'UICN «Close the Plastic Tap». Les travaux ont été coordonnés par le Centre de coopération méditerranéenne et le Programme mondial marin et polaire de l'UICN, et financés par la Fondation Didier et Martine Primat. Les efforts de collecte de données sur le terrain ont été soutenus par l'Observatoire socio-environnemental de Minorque (OBSAM) et l'Initiative chypriote pour le tourisme durable (CSTI). | |